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BHRe Bactéries hautement résistantes émergentes
Les BHRe, Bactéries Hautement Résistantes émergentes
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Les Bactéries Hautement Résistantes aux antibiotiques émergentes, ou BHRe, sont un problème majeur de santé publique. Leur sensibilité à seulement une ou deux classes d’antibiotiques et donc la difficulté de traitement, pourraient conduire à terme, à une impasse thérapeutique.
Encore émergentes en France, elles évoluent sous forme sporadique ou épidémique limitées.

Les BHRe : de quoi s'agit-il ?

Les BHRe sont des bactéries commensales du tube digestif.
Elles sont résistantes à de nombreux antibiotiques et leur mécanisme de résistance est transférable entre bactéries. Le développement de ces résistances pourrait conduire à terme à des impasses thérapeutiques.

Les bactéries concernées :

  • entérobactéries productrices de carbapénèmases = EPC
  • Enterococcus faecium résistants aux glycopeptides = ERG

Ne sont pas des BHRe :
  • Les bactéries saprophytes comme Acinetobacter baumannii ou Pseudomonas aeruginosa, quelle que soit leur multi-résistance aux antibiotiques
  • Les autres bacilles Gram négatif résistants aux carbapénèmes sans production de carbapénèmases
  • Les bactéries multi résistantes (BMR) aux antibiotiques
    • Les Staphylococcus aureus résistants à la méticilline (SARM) et sensibles aux glycopeptides
    • Les entérobactéries produisant des β-lactamases à spectre étendu (EBLSE)
  • Les Enterococcus faecalis résistants aux glycopeptides

Enjeux des BHRe

Enjeu majeur : Limiter la transmission croisée pour éviter que cela ne devienne épidémique ou endémique.

La prévalence des BHRe est actuellement faible mais en augmentation :
- pour les EPC, environ 0,7% des isolats cliniques d'entérobactéries sont résistants aux carbapénèmes et environ 12% le sont par production de carbapénèmases (enquête transréseaux Onerba/SFM de 2013)
- pour les ERG, moins de 1% des isolats cliniques d'Enterococcus faecium sont résistants aux glycopeptides (rapport ECDC/Ears-net de 2016)

On observe beaucoup de cas sporadiques mais aussi des épidémies.

Les BHRe doivent faire l'objet d'un signalement e-Sin par les établissements de santé.
Depuis 2017, fiche spécifique de signalement (diaporama de présentation)

Référentiels et réglementation

Situation globale en Ile-de-France

Évolution des signalements depuis 2012
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Épisodes signalés en 2017
EPC ERG Total
Nb total d'épisodes 540 (86%) 87 (14%) 627
Nb total de cas 645 124 769
Nb d'épisodes épidémiques 47 (8,7%) 14 (16,1%) 61
Nb de cas secondaires 105 (16,3%) 37 (29,8%) 142

Dix pour cent des cas sont des infections :
- urinaires = 42%,
- bactériémies = 31%,
- pulmonaires = 9%,
- autres

Point sur les ERG

Caractéristiques :

  • Enterococcus faecium
  • Augmentation mondiale de la résistance (Aux Etats-Unis, 25-30% de résistance liée à une mise en œuvre tardive des mesures de prévention)
  • Services à risque : néphrologie, dialyse, transplantation, réanimation
  • Risques : évolution en infection si portage digestif prolongé, transfert de la résistance vanA des ERG aux Sarm
  • Rôle important de la pression de sélection antibiotique

Épidémiologie en Ile-de-France :

Signalements d'ERG depuis 2012 (N=501) et proportion de signalements rapportée à l'ensemble des signalements
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En 2017, 87 épisodes signalés

  • 14 épisodes épidémiques (16,1%)
  • 124 cas au total dont 37 cas secondaires (29,8%)
  • lien avec l’étranger (séjour avec ou sans hospitalisation) pour le cas index dans 63% des épisodes. Mise en place des précautions complémentaires dans 80% des cas
  • 94% de colonisations
  • Service d’accueil du cas index : médecine (57%), réanimation (23%), chirurgie (13%), SSR (7%)

Le risque épidémique est 2 fois plus important pour les ERG que pour les EPC.

Point sur les EPC

Caractéristiques :

  • La carbapénémase, enzyme portée par ces entérobactéries, inactive l'ensemble des molécules thérapeutiques de la classe des β-lactames
  • peut conduire à une impasse thérapeutique si associée à d’autres mécanismes de résistance
  • de différents types: oxa48, KPC, NDM, VIM …
  • principales espèces bactériennes isolées : Klebsiella pneumoniae, Escherichia coli, Enterobacter cloacae, Enterobacter aerogenes...
  • principal mode de transmission : le manuportage. Secondairement, transmission indirecte via l'environnement
  • survie : plusieurs jours dans l'environnement
  • facteurs de risque : rapatriement ou antécédent d'hospitalisation à l'étranger dans l'année

Épidémiologie en Ile-de-France :

Depuis 2009, 2048 épisodes signalés soit 48% des épisodes totaux proviennent de l'Ile-de-France (2513 cas et 151 épidémies de 2 à 15 cas)
Évolution des signalements d'EPC depuis 2009
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En 2017, 540 épisodes signalés

  • 47 épidémies (8,7%)
  • 645 cas au total dont 105 cas secondaires (16,3%)
  • Service d’hospitalisation du cas index : médecine (57%), chirurgie (20%), réanimation (19%), SSR (4%)
  • mesures initiales mises en place à l'admission du cas index : PCC 59%, précautions standard 39%, PCC + personnel dédié 2%
  • 88% de colonisation (digestive 89%, urinaire 9%, autre 2%)
  • 12% d'infection (urinaire 40%, bactériémie 26%, digestive 12%, pulmonaire 8%, cutanée 5%, autre 9%)

Facteurs de risque du cas index (N=535)
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Mesures initiales mises en place en lien avec l'étranger
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Microorganismes et mécanismes de résistance
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Contact

Médecin : Dr Élise Seringe, 01 40 27 42 00, elise.seringe(at)aphp.fr
Pharmacien : Dr Agnès Gaudichon, 01 40 27 42 25, agnes.gaudichon(at)aphp.fr